La Garconniere Gremillion Critique Essay

Miguel se serait-il vengé ? Eva Maria l’ignore, elle enquête. L’héroïne, ou du moins le protagoniste principal de l’histoire, c’est elle. Ancienne patiente de Vittorio, elle veut savoir par qui et pourquoi Lisandra, l’épouse défunte du psychanalyste, a été assassinée. Alors elle écoute ces cassettes, ces enregistrements du psychanalyste en entretien avec ses différents patients, puis échafaude, parfois sous influence alcoolique, des hypothèses. Sans rien laisser au hasard, car elle le sait, les policiers sont trop souvent corrompus, voire anciens exécuteurs de la junte militaire pour certains, pour faire leur travail honnêtement. Vittorio avait-il une maîtresse ? Lisandra avait-elle un amant ? Se sont-ils disputés à ce sujet ? Serait-ce la cause du meurtre ? Hélène Grémillon tisse un récit alliant l’élégance littéraire au panache d’une intrigue qui flirte avec le polar, sur fond de querelles amoureuses et de drames humains. A travers une écriture talentueuse, elle divulgue les hypothèses avec habilité tout en brouillant les pistes. Et dispose les personnages avec équilibre, sans qu’aucun d’eux n’occupe une place trop importante. On aurait pu souhaiter un portrait psychologique plus poussé, voire plus attachant, de Vittorio ou Eva Maria par exemple. Mais La garçonnière est un de ces livres qui, une fois qu’il vous a pris au corps, ne vous lâche plus. A travers certains passages émouvants et profonds, La garçonnière se révèle être un roman haletant jusqu’à la dernière page (ce qui n’est pas toujours le cas, même dans les très bons livres). Un des meilleurs livres de l’année. Un roman à offrir pour les fêtes.

Extrait (page 247) :

« Je me demande laquelle a commencé à l’éloigner de moi. Laquelle il a regardé un jour après n’avoir eu d’yeux que pour moi. Son éloignement n’a pas été brutal. Le désamour est progressif. Avant d’aimer plus, on aime moins. Et encore moins et plus du tout. Mais cela, on ne s’en rend pas compte. Le désamour. Une relation devenue tiède, quotidienne, pragmatique, usuelle, utilitaire et habituelle, même pas raisonnée car on n’y pense plus. Il y a ceux qui peuvent vivre sans amour fou, moi, je ne peux pas. Je ne peux pas vivre sans amour fou. Je vais mourir du désamour de cet homme. Un jour, au début de notre histoire, il m’avait dit qu’il ne regardait plus les autres femmes. Il n’aurait jamais dû me dire ça. L’impensable plaisir pris à entendre ces quelques mots ne vaut pas le désespoir que j’ai eu à surprendre un jour ses yeux sur une autre. Un sourire l’aura d’abord éloigné de moi. Des yeux. Un regard. Une queue de cheval. Un mot. Un sourire. Une poitrine. Tout cela éclaté dans le panorama des femmes de la Terre. Sans même que lui le remarque vraiment ».

Alexis Brunet

[Le chat est terminé]

Merci à tous d’avoir été au rendez-vous! C’était mon premier chat and je suis ravie d’avoir passé ce moment avec vous.

Clarisse: Tout d'abord merci de participer à ce chat, c'est un grand plaisir pour nous lecteurs que de pouvoir vous parler! Je me demandais ce que vous pensez de l'aspect «campagne médiatique» d'un livre. Pensez-vous qu'aujourd'hui un livre ne peut être un succès que s'il est soutenu par les médias? Est-il possible aujourd'hui de percer avec un livre par sa «simple» qualité? Votre premier ouvrage, «Le Confident», est une grande réussite; comment l'expliquez-vous?
Merci à vous aussi de participer à ce chat!

Le succès du «Confident» est le résultat d’un bouche à oreille exceptionnel et pour moi c’est vraiment la plus grande satisfaction, qu’un livre se fasse grâce à ses lecteurs et aux libraires, c’est tellement rare, mais, derrière ce livre, il y a une équipe éditoriale qui a fait un travail formidable d’accompagnement.

Par ailleurs les «bonnes critiques» dans la presse, engendrent un succès d’estime qui est aussi très valorisant.

Quand on a la chance d’avoir les deux, les lecteurs et la presse, quel bonheur!

David C:Le fait d'être un des plus gros tirages de la rentrée littéraire, est-ce une pression ou juste une satisfaction?
Une grosse pression, car derrière «La Garçonnière» il y a moi bien sûr et j’espère que cette histoire plaira aux lecteurs, mais il y a aussi toute une équipe éditoriale qui s’est investie pour que ce livre existe et j’ai envie que les «ventes» comme on dit, les satisferont...

Marie: Dans votre bibliothèque, si vous ne deviez garder qu’un livre, lequel serait-ce? Et pourquoi?
J’ai horreur de cette question :) trop dur de répondre, trop de livres exceptionnels…

Je ne vais donc pas pouvoir y répondre mais en échange je vous donne le titre du dernier livre que j’ai adoré «Brothers» de Yu Hua.

JMP: «Le Confident» a remporté le prix du Coup de Coeur des Lycéens. C'est d'ailleurs comme cela que je l'ai connu. Cela vous fait-il plaisir de plaire aux jeunes, dont on dit qu'ils ne lisent plus, aujourd'hui?
J’ADORE ce public de lecteurs, toutes mes rencontres avec eux sont enthousiasmantes et très intéressantes, questions pertinentes et toujours originales. Oui je suis très heureuse de «plaire aux jeunes.» !!!!

Thalia: Avez-vous lu «Cinquante nuances de Grey»? Vous avez aimé? Pourquoi?
Acheté mais pas lu, acheté car je voulais voir par curiosité comment était écrit ce livre, pas lu car j’ai eu une pulsion de rejet totalement irrationnel, mais comme j’étais en pleine écriture j’avais du mal à lire les autres livres.

Sarah: Si je ne me trompe pas, vous êtes tombée enceinte lors de l’écriture de votre premier roman, qui évoque la stérilité. Cela vous a-t-il aidé dans votre travail, ou plutôt vous a-t-il ralenti? Pourquoi?
Vous avez raison, je suis tombée enceinte en écrivant «Le Confident» et la petite histoire est la suivante, j’en étais arrivée dans mon intrigue au moment où Annie tombe enceinte, je ne parvenais pas à écrire bien cette émotion/sensation/état, la difficulté était telle que j’ai arrêté d’écrire pendant un an et demi, le temps d’avoir mon petit garçon.
Quelques mois après sa naissance, je suis revenue au texte et j’ai écris ce passage en quelques instants, il ne fait que quelques lignes mais ces quelques lignes m’ont bloquée pendant un an et demi (période durant laquelle j’ai réalisé mon court métrage).

Thalia: Que pensez-vous de Marc Levy, Guillaume Musso, Anna Gavalda… Tous ces auteurs «populaires» qui, selon moi, ne produisent pas de littérature de haute qualité?
Pour être franche je ne les ai jamais lus, mais si des lecteurs sont heureux en tournant les pages de leurs livres, je pense que c’est vraiment tout ce qui compte.

Sophie: Bonjour, le secret de famille raconté dans «Le confident» vous a-t-il été inspiré par une histoire vraie?
Non, tout est imaginé… pour l’instant j’ai la chance d’inventer des histoires assez facilement, j’en profite, car au final ça me change aussi les idées, je suis la première à me divertir.

Cali: J’aime écrire, sous plusieurs formes (poèmes, nouvelles, blog), depuis mon adolescence. J’aimerais écrire un livre. Mais ça me semble impossible, une entreprise trop importante pour moi. Dans quel contexte avez-vous écrit votre premier livre? Qu’est-ce qui est venue en premier: l’envie d’être publiée? L’histoire?...
Dans un contexte d’urgence personnelle de besoin de me prouver ou non que je pouvais y arriver, mais surtout je voulais arrêter d’y penser «dans le vide» donc j’ai dessiné le début d’une intrigue, je me suis imposée de ne pas l’abandonner pour une autre en cours de route et de travailler, sans relâche, tous les jours, bonne chance à vous et courage!

Julie: Quand allez-vous ouvrir votre site internet? Une page Facebook ou un compte Twitter? C'est difficile aujourd'hui de vous suivre :)
Le site arrive…

Facebook et Twitter c’est plus compliqué, je n’éprouve pas le besoin de commenter mes journées ou mes sentiments ponctuels, pour le reste si je me contente de relayer la presse ou  les médias qui parlent de mon livre je trouve que ça fait un peu auto-promo… Le meilleur de ce que je sais faire est dans mes livres ;)

LucieD: Bonjour. «Le Confident» est sur fond de seconde guerre mondiale, «La Garçonnière» sur fond d'une Argentine post-dictature. Pourquoi? Hélène Grémillon serait-elle une fana d'Histoire contemporaine? Comptez-vous continuer sur cette voie pour vos prochains romans?
J’ai besoin d’ancrer mon intrigue dans l’Histoire, dans le vrai, cela m’inspire.

Je ne conserve de ces périodes que des éléments qui peuvent insuffler une charge romanesque et dramatique à mon intrigue. Je pense que je conserverais cette méthode de création, mais je ne sais pas ce que l’avenir me réserve…

En tout cas je déteste quand les téléphones portables et Internet font partie des intrigues :)

Laurent: Depuis quand écrivez-vous? Qu'auriez-vous fait, dans un autre cas de figure? Prof de lettres ou d'histoire, journaliste, réalisatrice?
J’écris maintenant depuis huit ans, qu’aurais-je fait autrement, vraiment je ne sais pas ce que la vie m’aurait proposé, mais pas le professorat car c’est un métier qui nécessite une vocation que je n’ai pas.

Marc: Comment expliquez-vous que les deux pays les plus férus de psychanalyse, sont l'Argentine et la France?

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